Mercredi 15 février 2006
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Nostalgie
Je vous l'ai déjà dit, je suis issue d'un pays minier, mais c'est aussi une région à vignes. Il en reste encore dans ma région (cf la note que j'ai mis récemment sur le vin) mais vers mon pays natal, toutes les vignes ont disparu, au fur et à mesure que les gens sont morts.
Mon pére avait une vigne, lui aussi, qui lui venaient déjà de son pére. Il s'en occupait à merveille et j'adorais le suivre, l'"aidais" comme je disais alors que je devais avoir 6 ans environ, car aprés, il a loué ce terrain à un paysan pendant un certain nombre d'années. Il me montait dans sa "remorque Michelin" (remorque trés carractéristique dans tous les environs de Clermont Ferrand) accrochée à sa Mobylette bleue des années 1960 environ, et je le suivais dans les chemins de la vigne, encore plus fiére qu'une reine !
Sa vigne était belle, bien alignée, bien soignée, tout bien droit... pas une seule herbe.
Comment de sueur a-t-il fait couler sur son front, comment de fois a-t-il retourné cette terre pour avoir du beau raisin... mais que reste-t-il aujourd'hui ?
Ce qu'il en reste ? Et bien rien... qu'une terre abandonnée, les herbes qui ont repris le dessus, semblant bien se moquer de mon pére, l'air de se vanger du temps où elles étaient détruites.
En bas du terrain, au milieu, on aperçoit un arbre : c'est un noyer qui n'a jamais apprécié d'être planté ici et qui n'a jamais profité... mais c'est mon pére qui l'a planté, et je l'ai toujours aimé, cet arbre.
Voilà, le pauvre, à quoi il ressemble en 2006 :
Il est entouré de ronces géantes sur un périmétre de 3 métres environ, son approche est impossible et je ne sais même pas s'il n'a pas végété cette année...
Tout meurt, les gens, les arbres...
Quand je suis allée sur ce terrain l'autre fois, car j'y vais souvent, c'est un peu le coin où je me ressource et où je fais des flash-back (qui font mal d'ailleurs), je n'ai pu m'empécher de laisser libre cours à mes pensées nostalgiques qui m'ont d'ailleurs fait un nouveau gros coup de couteau dans le coeur... car revenir sur ces lieux-là, c'est aussi faire revivre en quelque sorte le passé, les gens qu'on a aimé... et dés que je suis sortie de ce film, ça m'a rappelé avec brutalité que mon pére n'est plus là.
Les années ont passé, j'ai maintenant presque l'âge que lui avait quand il s'en occupait...
Si seulement on pouvait faire revivre le passé autrement que dans nos têtes, si seulement on pouvait faire une vraie marche arriére dans le temps....
Je vous avais prévenus, c'était une ma note nostalgique.
Elle ne vous aura peut-être pas du tout intéressés.... mais elle aura eu le don de me faire un peu de bien en vous disant ceci
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